lundi 13 juillet 2015

Εχουμε ομόφωνη συμφωνία

13 juillet 2015 (soir)

Il ne faudrait pas que la vindicte populiste s'acharne outre-mesure sur l'Allemagne au motif de l'intransigeance de ses dirigeants actuels. Le pays a changé, plusieurs fois déjà depuis 1945. Les comparaisons historisantes, la résurrection d'un vocabulaire haineux tout particulièrement dans cette France qui n'a pas vraiment fait la peau à Vichy ne sont que la conséquence d'un demi-siècle de Traité de l'Élysée jamais suivi par la population française, les responsables politiques et culturels, professeurs etc. qui, en parlant d'Allemagne, continuaient de privilégier l'analyse du nazisme aux dépens des évolutions contemporaines des deux côtés du mur, tout en réservant le devant de la scène à un Jünger ou un Heidegger et en traitant la période de l'occupation dans des films comme "La 7e compagnie", championne de la rediff., à l'usage du petit peuple. - Pendant ce temps, les Français et la belle France ont toujours eu une excellente réputation à l'Ouest et à l'Est de l'Allemagne. Un amour non partagé, comme qui dirait...


Puisque tout le monde parle de peuple : "l'homme de la rue" en Grèce, en France, mais également en Allemagne et finalement partout en Europe n'en mène pas large actuellement, miné par une "crise" interminable, polymorphe, perverse. Mais cela n'empêche pas nos idéologues de nous monter les uns contre les autres, dispatchant les responsabilités à la bonne franquette, au lieu de parler tachless, d'aller vers l'essentiel : quand est-ce qu'on va partager les mêmes normes sociales et fiscales en Europe ? quand est-ce qu'on va enfin devenir le modèle que nous prétendons être ? - La crise des réfugiés et maintenant la crise de l'euro (car il faut lâcher un peu les baskets aux Grecs) : pour l'instant l'Europe tient bon, beaucoup voudraient la voir exploser, des courants politiques très différents, mais finalement pas si éloignés les uns des autres, comptent profiter de la situation chaotique qui ne manquera pas de tsunamiser le continent pour cuire leur soupe populaire. - Oui, pour l'instant l'Europe tient bon, et les Grecs vont enfin pouvoir profiter de la belle saison estivale. Vous aussi ?


13 juillet 2015 (matin)

Au moment où j'écris, le troisième paquet d'aides pour la Grèce est débloqué. L'Allemagne représentée par le tandem Schäuble / Merkel échappe de justesse au rôle honni de Terminator de l'Europe. Hollande a enfin fait un bon boulot de social-démocrate avec le soutien à Tsipras et l'envoi de conseillers à Athènes. L'aile gauche du SPD et les Verts auraient pu être un peu plus présents dans les discussions du "couple franco-allemand" et l'extrême-gauche un peu moins triomphaliste car après coup le succès de Syriza est une victoire à la Pyrrhus, et une nouvelle bataille pour l'Europe sociale est perdue. - Mais que cela ne nous empêche pas de boire un bon coup de μαστίχα à la santé des Euro-Hellènes !


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Out of Office - Retour début août

Commentaires des blogueurs de l'Obs

  • Bonjour sk. J'apprécie l'illustration et le commentaire.
    On va le dire comme ça ! Depuis le début, je ne croyais pas à un grexit étant donnée la conséquence dramatique à court et moyen terme pour l'Europe (la Guerre..je le maintiens). J'avais écrit dans mes précédents billets que l'on finirait par trouver quelque chose le 13 juillet. François Hollande a été patient et n'a pas eu besoin de se "ressaisir" finalement. Saluons quand même la constance de son attitude.
    MAIS on retiendra, de cette tragi-comédie, qu'il ne ferait pas bon à l'avenir pour quelque partenaire de
    l'UE et surtout de l'€urogroupe, de vouloir se doter d'un Gouvernement social-machin, de gauche, qui
    ne soit pas en parfaite équation avec la doxa de Bruxelles et sa techno-structure ! Avis aux amateurs.
    Ce qui veut simplement dire que le "démocratie" n'existe pas dans l'Union Européenne puisqu'on y met
    des interdits et un diktat de la Kommandantur !
    L'Union Européenne vient, malgré l'accord de cette nuit, de se tirer une balle dans le pied. Schäuble a évoqué une exception de "confiance" envers Tsipras ? C'est exact : au prochain référendum en France, pour ouvrir une perspective européenne ou élargir la gouvernance, ce sera Non à 75%..Dommage.

  • un accord qui ne résoudra rien car l'austérité ne fera jamais de croissance , ni en Grèce, ni en Europe et le peuple grec ne pourra pas se relever dans ces conditions , c'est la continuité de sa souffrance à cause de l'obstination idéologique d'une poignée de comptables de l'euro groupe avec en tête le sin... Schauble , ils continuent de nous servir depuis des années une politique qui empêche toute expansion économique , qui favorise un chômage de masse ,
    Tsipras a fait ce qu'il a pu depuis son élection, les allemands n'ont eu de cesse de le harceler pour mettre à genoux et humilier un peuple qui est déjà au plus bas , des sal.... de la pire espèce , jamais plus je ne pourrai faire confiance à cette Europe des riches ,des financiers et totalitaristes de surcroit , nous avons maintenant la preuve que vivons dans une dictature financière de la pire espèce faisant fi de toute démocratie
  • Bonjour à tous,
    Des deux commentaires précédents, je me rapproche très fortement du dernier. En effet, l'Europe est une usine à fric qui se moque du bien-être des peuples. cette Europe là n'est certainement pas celle qu'ont voulu les partis de gauche (la vraie, celle qui dit non au business). Dans la lutte contre l'ultra-libéralisme, on ne peut pas faire de concessions.
    Pour ce qui est de l'attitude de Hollande (soutien à Tsipras), je crois que ce n'est pas par idéologie qu'il a soutenu la Grèce, mais bien parce que les prochains à se faire "sermonner" par l'Europe c'est bien nous...

  • Varoufakis raconte

    J’aurais pu tout aussi bien chanter l’hymne national suédois, j’aurais obtenu la même réponse

    http://www.newstatesman.com/world-affairs/2015/07/yanis-varoufakis-full-transcript-our-battle-save-greece

  • pour SK

    effectivement on ne peut pas loger tous les allemands à la même enseigne , les verts ont vivement protesté , menaçant même de porter l'affaire devant le bundestag

    http://www.sven-giegold.de/2015/pressemitteilung-der-bundestagsfraktion-historischer-fehler-der-bundesregierung/

    bonnes vacances !

  • "..un demi-siècle de Traité de l'Élysée jamais suivi par la population française,..."
    non, SK, il ne faut pas se focaliser sur les tensions ponctuelles (dans le temps et sur l'échiquier politique), ainsi il y a quelques années un sondage en France avait classé l'Allemagne comme premier pays ami; et il y a trois ans un autre sondage montrait que 82% des Français avaient une bonne image de l'Allemagne.
    Le problème présent est que l'actuel gouvernement allemand est sur la ligne dure de la "rigueur" économique, alors que la situation de l'Allemagne n'est pas transposable à tous les autres pays.

    Concernant l'accord sur la Grèce, c'est plutôt la continuité (remettez m'en une rasade). Il n'y a pas de raison que la recette ayant échoué les fois précédentes réussisse cette fois-ci, surtout que le premier ministre grec a explicitement exprimé que lui-même n'était pas favorable aux mesures qu'il demandait à son parlement d'approuver (on imagine donc le peu de zèle à l'appliquer). De mon point de vue une cure hors de l'euro aurait permis de booster la compétitivité -tourisme et production intérieure-, en retroussant les manches. Les 80 milliards auraient pu alors directement "éponger" une partie de la dette -de toutes façons elle ne sera pas remboursée, c'est juste une question de la laisser comptablement dans les avoirs-

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