jeudi 9 juillet 2015

Jacques Bouveresse : Les Intellectuels et les médias



 « Les Intellectuels et les médias » est la suite de « Le Besoin de croyance et le besoin de vérité », entretiens avec Jacques Bouveresse filmés par Gilles L'Hôte, A la source du savoir, Paris, 2008.


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Les politiques, publicitaires, experts, journalistes, philosophes et autres nous racontent des histoires à propos desquelles il est légitime de se demander si on doit les croire. Doit-on croire que de passer de l’opposition à la majorité n’est qu’une mise à disposition des compétences ? Que la berline qui roule en silence sur une petite route d’Écosse n’a qu’à être désirée ? Qu’il faut boire deux litres d’eau minérale par jour ? Que le marché du travail n’existe que pour permettre aux gens de se réaliser ? Que l’Amour gouverne le monde ? Qu’il y a une vie après la mort ? Que réduire l’impôt des riches va relancer la croissance ? Où est la vérité et quel poids lui reste-t-il ? Mais tenons-nous vraiment à la connaître ? Le faux et l’erreur ne seraient-ils pas plus importants pour nous que la vérité, à laquelle nous sommes censés tenir passionnément ? Nietzsche a même dit que la naissance d’une illusion a été une exigence de la vie. Cependant… les dangers de l’illusion sont bien réels. Ces questions et bien d’autres du même genre sont traitées dans ces deux films par Jacques Bouveresse.


Influencé par Wittgenstein, le Cercle de Vienne et la philosophie analytique, Jacques Bouveresse plaide pour une forme de rationalisme que l’on pourrait appeler « satirique ». Il a étudié aussi bien les œuvres d’écrivains comme Robert Musil et Karl Kraus que celles de la philosophie de la logique et du langage, de la philosophie mathématiques et de la philosophie des sciences. Il est aussi connu pour des ouvrages critiques sur les impostures issues d’une partie de la philosophie française des années 1970-1990 et sur celles de la presse, en particulier du journalisme philosophique à sensation. Il est aujourd’hui Professeur au Collège de France, où il occupe la chaire de Philosophie du langage et de la connaissance, succédant à un de ses maîtres et amis, Jules Vuillemin.


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Le philosophe, les médias et les intellectuels
Entretien avec Jacques Bouveresse


J’ai toujours eu du mal à comprendre la façon dont, à l’époque que l’on peut appeler celle du « Tout est politique », la politique a pu être acceptée et fonctionner, pour une bonne partie du monde intellectuel, comme une sorte de théologie de remplacement. Il est particulièrement difficile, pour un intellectuel qui croit à l’importance de vertus comme l’honnêteté intellectuelle et une certaine sensibilité à la vérité, et qui est épris de clarté et de précision, de prendre réellement au sérieux la politique, tellement le langage politique et la pratique politique donnent à première vue l’impression de représenter en permanence à peu près le contraire exact de cela : l’équivoque, la duplicité, le mensonge, l’approximation, le vague, la rhétorique creuse et, dans bien des cas, le non-sens pur et simple.

Entretien réalisé en juillet et août 2009 par Thierry Discepolo .

Jacques Bouveresse, « Le philosophe, les médias et les intellectuels », revue Agone, 41-42 | 2009 (voir le lien ci-dessous, note 4)



Références

1) Les écrits d'Alan Sokal - dont son fameux canular de 1996 - sont sur sa page personnelle. En français, on y trouvera par exemple Les mystifications philosophiques du professeur Latoure (1997) ou la "Réponse à Jacques Derrida et Max Dorra", coécrit avec Jean Bricmont (*) et publié dans Le Monde du 12 décembre 1997. On pourra également y lire le papier sur "l'Affaire Sokal" de Jean-François Revel paru dans Le Point du 11 octobre 1997. Un grand nombre d'autres articles autour de la polémique sont disponibles en français sur le site de Patrick Peccate.


(2) Jacques Bouveresse cite une publication de Karl Kraus (1874-1936) dans sa revue Die Fackel (N° 293, 11e année, Vienne, fin décembre 1909) sur le Procès Friedjung que l'on peut consulter dans le texte. - Quant au canular de l'ingénieur Schütz suite au tremblement de terre de 1911 (l'histoire du "Grubenhund"), Karl Kraus en réfère dans un texte intitulé "Après le séisme" > "Nach dem Erdbeben" (1911). 
(3) Signalons aussi cet échange entre Pierre Vidal-Naquet (1930-2006) et Bernard-Henri Lévy (Nouvel Observateur, 18/25 juin 1979) autour du Testament de Dieu de BHL remis en ligne par les amis de l'historien.
 
(4) L'article de Jacques Bouveresse dans le Monde Diplomatique (mai 2006) a été importé ici-même > On_en_est_la.pdf. - Citons enfin son texte intitulé « Le philosophe, les médias et les intellectuels » (revue Agone, 41 -42 | 2009)
(*) Je tiens à préciser, si besoin est, que je ne cautionne nullement certaines positions ultérieures prises par physicien Bricmont, qui démontre ainsi que l'inverse est également vrai : lorsqu'un scientifique s'aventure
sur le terrain de la philosophie, de l'analyse historique, sociale, politique, il n'est jamais à l'abri de la vulgarité et du ridicule...

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