samedi 15 février 2014

Berlinale 2014

Tapis Rouge


On se presse pour apercevoir les stars du film d'ouverture de Wes Anderson, "The Grand Budapest Hotel", mais les meilleures places sont prises par ces innombrables photographes qui ont dégainé leur matériel impressionnant pour immortaliser Ralph Fiennes, Bill Murray, Jeff Goldblum ou l'étonnante Tilda Swinton.


swinton



Le commun des badauds a dû se contenter de l'un des grands écrans qui retransmettaient en direct et en plan serré l'arrivée des limousines crachant les "Very Importantes Personnes" à même le Tapis Rouge, histoire sans doute de les protéger des ardeurs d'une foule moyennement fanatique, parquée derrière les barrières métalliques sous le regard attentif des forces de police. Celles de moindre importance, qui ont eu la chance de mettre la main sur un billet pour cette cérémonie d'ouverture, sont passées par deux entrées parallèles avec un contrôle impitoyable au milieu du couloir d'accès au Sésame. S'y sont mêlées quelques célébrités locales et médiatico-politiques dont le défilé sur le Tapis Rouge, déjà suffisamment encombré par de parfaits inconnus, eût par trop dilué le spectacle des arrivées étalé sur deux bonnes heures. Et voilà : sans plage ni starlettes en tenue légère, mais avec plus de 400 films qui seront vus par quelque 500.000 spectateurs dans une trentaine de lieux différents, la Berlinale 2014 est ouverte !


 

Palmarès


Voici le palmarès de cette 64e Berlinale :


Ours d'Or pour le meilleur film : "Bai Ri Yan Huo" (Charbon noir, glace fine) de Yinan Diao (Chine)


Ours d'Argent /Grand Prix du Jury : "Grand Budapest Hotel" de Wes Anderson (USA)


Ours d'Argent pour la meilleure mise en scène : Richard Linklater pour "Boyhood" (USA)


Ours d'Argent pour la meilleure actrice : Haru Kuroki dans "Chiisai Ouchi" (La petite maison) de Yoji Yamada (Japon)


Ours d'Argent pour le meilleur acteur : Fan Liao dans "Bai Ri Yan Huo" (Charbon noir, glace fine) de Yinan Diao (Chine)


Ours d'Argent pour une performance artistique exceptionnelle : Jian Zeng - Caméra dans "Tui Na" (Massage aveugle) de Ye Lou (Chine)


Ours d'Argent pour le meilleur scénario : Anna et Dietrich Brüggemann (Allemagne) pour "Kreuzweg"(Chemin de croix)


Prix Alfred-Bauer pour un film ouvrant de nouvelles perspectives cinématographiques : "Aimer, boire et chanter" de Alain Resnais (France)


Ours d'Or pour le meilleur  court-métrage : "Tant qu'il nous reste des fusils à pompe" de Caroline Poggi und Jonathan Vinel (France)


Ours d'Argent pour le meilleur  court-métrage : "Laborat" de Guillaume Cailleau (Allemagne / France)


Meilleur premier film : "Güeros" de Alonso Ruizpalacios (Mexique)


***


On attendait "Boyhood" de Richard Linklater et "Grand Budapest Hotel" de Wes Anderson, le premier ayant été réalisé en trente-neuf jours de tournage sur douze ans (!), suivant un enfant de six ans (Ellar Coltrane) jusqu'à ses dix-huit ans, le second pour sa profusion de couleurs, de décors et d'extravagances surréalistes. Tous deux ont été récompensés, mais la Berlinale reste fidèle à sa réputation de couronner le cinéma venu d'ailleurs. Cette fois, deux films chinois ont raflé la mise : "Bai Ri Yan Huo" avec l'Ours d'Or pour le meilleur film et l'Ours d'Argent pour le meilleur acteur, ainsi que "Tui Na" pour une "performance artistique exceptionnelle" (Caméra). S'y ajoutent le japonais "Chiisai Ouchi" avec l'Ours d'Argent pour la meilleure actrice et le mexicain "Güeros", sacré meilleur premier film. L'Europe n'a été récompensée que pour le scénario du film allemand "Kreuzweg" et pour le nouvel Alain Resnais, "Aimer, boire et chanter". Sans oublier les deux courts-métrages couronnés, réalisés par des Français. Et, last but not least, l'Ours d'Honneur remis jeudi au grand réalisateur britannique Ken Loach.


Coincé entre le festival du film indépendant de Sundance (fin janvier), la cérémonie "mainstream" des Oscars (début mars) et le très chic festival de Cannes (14/25 mai), la Berlinale continue de chercher son identité. Le glamour, on aime bien, et cette année, on a été servi. C'est également une authentique fête du cinéma, mélangeant tous les genres, tous les publics et toutes les époques cinématographiques. Du point de vue de la fréquentation, c'est en effet le plus grand festival de films du monde. Mais il manque l'étincelle magique, que l'on trouve à Sundance avec la personnalité de Robert Redford, grand militant du cinéma indépendant au pays des superproductions et des "blockbusters". On la trouve également à Cannes : sans doute est-ce en partie le décor féérique de la Côte d'Azur avec sa Croisette et ses starlettes, mais aussi le mariage de raison - ou d'amour ? - entre les films "grand public" et le cinéma d'auteur, mariage réussi avec des productions comme celles des frères Coen, de feu Robert Altman ou encore certains films de Clint Eastwood.


Mais, comme on dit dans la ville aux Ours : Berlin ist eine Reise wert - Berlin vaut bien un voyage. Et son Festival International du Film également. Peut-être justement parce que, la soixantaine passée, il se cherche encore  !


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Commentaires
(à propos des films en compétition)


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Il semble que ce festival fasse des choix judicieux et tende à rattraper celui de Cannes ... en tous les cas ça donne envie de se faire des toiles , je vois que Jean Dujardin est dans la distribution exceptionnelle du film de Clooney avec Matt Damon, Cate Blanchette et Bill Murray et Mathieu Amalric itou avec Raphael Fiennes et James Brody , cocorico ! je viens de voir Dujardin dans Moebius de Rochant et plus ça va plus cet acteur démontre qu'il n'est plus le loulou de la TV made in France , quant à Amalric , il a toujours été un très grand , je constate aussi la présence de Gondry dans le jury , metteur en scène peu connu et extravagant donc il y aura sans doute des surprises aux résultats


Écrit par kulturam | 3 février 2014


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Et le vieux maître Resnais est en compétition officielle, malheureusement je n'ai pas trouvé la bande annonce... celle de "The Grand Budapest Hotel" promet une toile délirante, la maîtrise des couleurs et des cadres est hallucinante... j'aime bien aussi celle de "Kraftidioten" qui me fait penser à "Fargo"...


PS. - J'oubliais le Bouchareb en compétition, mais idem : pas de bande annonce disponible.

Écrit par sk | 4 février 2014


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Bonsoir SK intéressante votre note sur la Berlinale...le problème est que beaucoup de lecteurs (dont je suis, je ne vous le cache pas) ne maitrisent pas la langue "teutonne"" ainsi j'ai dû chercher la traduction  du texte concernant le nouveau film de  Volker Schlöndorff, Diplomatie dont voici en Français le "pitch" pris sur "reverso":


(...) Dans la nuit du 24 au 25 août 1944 le sort de la capitale française est entre les mains du général allemand von Choltitz. Hitler lui a ordonné, en sa qualité de commandant de la ville, de détruire Paris sur le point de tomber aux mains des Alliés qui progressent. Von Choltitz est issu d'une longue lignée de soldats prussiens et n'a encore jamais désobéi à un ordre. Ces pensées occupent le consul suédois Nordling lorsqu'il rend visite au général dans son QG. Les ponts sur la Seine, le Louvre, Notre Dame et la tour Eiffel sont prêts à être dynamités. Avec les armes de la diplomatie, le consul va tenter d'empêcher le général d'accomplir sa mission de destruction.

Écrit par Giuglio | 4 février 2014

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je pense que le "Cesar Chavez" aussi devrait m'intéresser , si les Etats Unis se mettent à produire ce genre de film sur la lutte de travailleurs agricoles mexicains , c'est bon signe


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Gondry s'éclate à la Berlinade


telerama.fr/cinema/portfolio-la-berlinale-vue-par-michel-gondry,108445.php

Écrit par kulturam |  7 février 2014


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