mardi 21 novembre 2017

Jamaïque, c'est fini (et dire que c'était l'île de mon premier amour)


Jamaika - Nein ! - Et apparemment, les nouvelles élections ne sont pas non plus pour demain ! Du coup, l'Allemagne n'a plus de gouvernement capable d'agir et de participer aux débats européens ou climatiques, par exemple : entourée des ministres de la grande coalition  (CDU/SPD) désormais révolue, Angela Merkel reste certes chancelière "par intérim" pour administrer, gérer ou expédier les affaires courantes, mais sans majorité au Bundestag, elle ne dispose plus du pouvoir décisionnel et législatif nécessaire pour effectivement gouverner le pays.

Une situation inédite en Allemagne fédérale...

La balle est maintenant dans le camp du président de la République, Frank-Walter Steinmeier, qui - malgré son appartenance au SPD - est tenu à une stricte neutralité. En effet, sa fonction cesse aujourd'hui d'être simplement "honorifique" ou "représentative", car il lui appartient de dissoudre le parlement et de convoquer de nouvelles élections. Mais, selon un sondage récent qui ne tient pas encore compte de l'échec de Jamaika, celles-ci donneraient actuellement un résultat proche de celui de septembre 2017, même si les choses risquent de changer au cours des prochaines semaines. - Or, le président vient d'annoncer clairement qu'il n'est pas partisan d'un nouveau vote et qu'il va donc réunir cette semaine les chefs des partis pour les sommer de respecter le choix des électeurs. Ce n'est pas gagné car, après l'échec des consultations "jamaïcaines", Martin Schulz déclare de son côté que le "SPD n'est (toujours) pas disponible pour une (réédition de la) grande coalition" et qu'il "ne craint pas de nouvelles élections".

Trois solutions :

1. - Frank-Walter Steinmeier réussit à convaincre les chefs des partis concernés par la Jamaika-Koalition - CDU/CSU/FDP/Les Verts - de reprendre les négociations - et notamment Christian Lindner (FDP) qui, contre toute attente, vient de claquer la porte, alors que Les Verts et l'Union (CDU/CSU) déclarent avoir été "proches d'un accord" après quelque sept semaines (!) de consultations - ou bien il parvient à décider son ex-camarade Martin Schulz de prendre ses responsabilités en revenant sur sa décision et en négociant un nouveau contrat de coalition avec la CDU/CSU.

2. - Si lors de l'élection du chancelier / de la chancelière, Angela Merkel n'obtient qu'une majorité "relative" au Bundestag, le président peut tout de même la nommer chancelière : elle a alors la possibilité de former un gouvernement minoritaire - une option qu'elle refuse actuellement, arguant que "l'Allemagne a besoin d'un gouvernement stable".

3. - Le président dissout le parlement et convoque de nouvelles élections (ce qu'il est seul habilité à faire) en suivant une procédure fixée par la Constitution. Si cette décision est prise, un délai de soixante jours suivant l'annonce doit être respecté avant un nouveau passage aux urnes, qui aurait alors lieu en février ou mars 2018.


D'ici là, le bruit avec la bouche, les harangues et les reproches vont s'amplifier au parlement - dont les séances ont repris ce mardi 21 novembre 2017 sous la direction de Wolfgang Schäuble (CDU), le nouveau président du Bundestag - jusqu'à ce que les "messages" et les "discours" deviennent inaudibles pour les citoyens "ordinaires", ce qui risque une fois encore de favoriser le vote des extrêmes, alors que de toute évidence il s'agit pour les uns et les autres de faire des compromis et de travailler ensemble pour tenter de résoudre les problèmes importants et de plus en plus urgents, non seulement en Allemagne, mais en Europe et en dernier ressort dans le monde entier (guerres et conflits interminables, pauvreté, inégalités des termes de l'échange, paradis fiscaux, changement climatique ...).

[suite]


De g. à dr. : Lindner (FDP) - Merkel (CDU) - Seehofer (CSU) - Özdemir (Les Verts) - Schulz (SPD)

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