dimanche 6 décembre 2015

[Régionales] Quelle honte !

Que tous les jeteurs d'huile sur le feu, tous les abrutisseurs de France et de Navarre se réjouissent. Que tous les constructeurs de cités dortoir, tous les destructeurs d'emplois se félicitent. Que tous les Européens ultra-libéraux, tous les fossoyeurs de la démocratie jubilent. Que tous les aboyeurs politico-médiatiques, tous les lobbyistes économico-financiers pavoisent.

- La bête est ressuscitée !

Bien sûr la comparaison avec les années 1930 est malvenue. Toute tentative de comprendre est aujourd'hui malvenue. Tout essai de réflexion en profondeur est immédiatement taxé de « bien-pensance ». Le discours irresponsable et le délire ont pris la place d'une parole prudente, éclairée.

- Assez pensé, passons aux actes !

Tête baissée, les électeurs français se précipitent dans les bras d'un clan familial, comme les électeurs allemands ont accordé 33,1% à la mafia de la NSDAP en novembre 1932. Et 33,1% des voix exprimées ont suffi pour enterrer la démocratie, mettre l'Europe à feu et à sang pendant douze longues années.

- Quelle honte !

Soixante millions de morts plus tard, nous n'avons toujours rien appris de l'histoire. Rien appris des erreurs commises. Nous n'avons même pas identifié les véritables sources de nos erreurs. Incorrigibles, nous voici une nouvelle fois arrivés au bout du rouleau.

- Voici revenir le temps des assassins !

Et ils causent dans le poste. Les uns pour faire du remplissage. Pour occuper le terrain. Les autres pour dispenser leurs contre-vérités. Leurs idéologies dénuées de bon sens. Fermés qu'ils sont à toute forme d'amendement ou de compromis. - Au soir du premier tour des Régionales 2015, le Front National est crédité de quelque 30% des voix exprimées en France. Et près de la moitié des inscrits ne se sont même pas rendus aux urnes.

- Allons enfants de la patrie, le jour infâme est arrivé !




18 commentaires:

  1. Bonjour Sk. Je comprends votre emportement, mais Marine n'est pas Adolphe, elle n'est pas même Jean-Marie. C'est plus de l'ordre du Boulangisme avec ses grands écarts et ses contradictions, un programme globalement inapplicable.
    Maintenant, quelles sont les "erreurs" qui ont mené à ce succès? Est-ce de ne pas avoir pris la mesure du besoin sécuritaire et de reconnaissance de l'identité nationale, ou est-ce la question sociale? Car y compris sur la question sociale, le parti nationaliste défend une politique anti-libérale et opposée aux instances multinationales, UE, OTAN, OMC... proche en cela du FDG dont il a repris une partie de l'électorat.
    La "gauche morale" s'oppose coute que coute au FN dans le cadre d'un Front Républicain, la gauche ouvrière ne suit plus.

    Nolats

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    1. (j'ai orthographié à la française, mais c'est bien d'Adolf dont il est question)

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    2. Votre réaction à vous - posée, égale à elle-même - montre bien que vous ne prenez pas la mesure de la honte - notamment sur le plan de la réputation internationale de la France - et surtout du danger que peut représenter une gestion frontiste, dont vous pouvez admirer les premiers pas à Béziers et qui se retrouvera probablement en deuxième semaine à la tête d'une ou de plusieurs régions françaises...

      Bien cordialement, anyway

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  2. Salut SK,

    Quelques mots, ni pour vous consoler, ni pour vous accabler. Quoique…

    Vous dites, et je suis d'accord avec vous, que la comparaison avec les années 30 est malvenue. Mais pour ensuite ne pas décrocher d'avec cette comparaison. Sans doute l'émotion!

    Je suis aussi d'accord avec vous quand vous dénoncez l'ultra libéralisme et l'abrutissement. Reste que le premier est la marque d'une UE que, je crois vous soutenez. Tandis que le second correspond à une évolution de la société à laquelle tous les partis au pouvoir depuis en gros les années 75 (je prends ça comme référence parce que ça correspond à peu près à la joyeuse invention du collège unique) ont participé, insistant outre mesure sous ce quinquennat avec la brillante Najat Vallaud Belkacem et sa réforme scolaire. Et oui, l'abrutissement est devenu un mot d'ordre, et ceux qui s'y opposent sont des abrutis, fussent-ils des intellectuels reconnus mais devenus subitement pseudo intellectuels.
    Alors bien sûr que le FN profite de tout ça. Mais il profite surtout de la trahison des partis dits de pouvoir (autoproclamés ainsi, mais commençant à serrer de plus en plus les fesses). La gauche a trahi les classes populaires avant même que terra nova ne l'y invite, ne faisant finalement qu'acter une réalité vieille d'une trentaine d'années. La droite a trahi les valeurs nationales en cessant de les défendre ailleurs que dans les discours de campagne. Comme le FN est un hybride ressemblant un peu au parti national-bolchevique de Limonov qui a existé un temps en Russie après la chute de l'URSS, mais en moins violent, la violence semblant s'être fixée l'extrême gauche, il ratisse large.
    Alors, finalement où est la honte? Au fait la honte de quoi? Honte aux électeurs FN? On doit tenter de comprendre les motivations des tarés islamistes, enfin les nôtres, mais pour les électeurs du FN, ce serait juste "la honte!". C'est pas bien ça! Ou alors honte à ceux (les politiques) qui ont trahi leurs valeurs, mentent depuis des décennies tentant de survivre sur un malentendu, sur des schémas anciens auxquels ils ont cessé de croire? Moi je serai tenté de la voir là, la honte.

    Sinon, je me sens de plus en plus orphelin ne croyant pas davantage en la capacité de se réformer des partis dits de gouvernement qui d'ailleurs finiront bien par s'unir puisque si peu de choses les séparent, et au moins au nom de l'appel de la soupe, qu'en la capacité de gouverner du FN.
    Du coup je m'en fous un peu, me réjouissant juste, plaisir mesquin je le reconnais, de voir les tronches décomposées puis recomposées des intervenants politiques au soir de l'élection, leurs ridicules acrobaties verbales, leur petitesse qui s'exprime. Je crois que je n'irai plus voter puisque le vote blanc n'est toujours pas pris en compte.

    Vlad

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    1. Bonjour Vlad,

      je comprends et j'apprécie votre intervention.

      Quelques points pour éviter les malentendus.

      Je soutiens (je l'ai souvent écrit) la construction d'une Europe sociale mais je reconnais bien volontiers qu'une telle ambition relève actuellement (plus que jamais) de l'utopie.

      Comme vous dites, la honte est aussi du côté des politiciens qui exercent ou ont exercé ce semblant de pouvoir laissé comme un os à ronger par les potentats économico-financiers. Et j'aurais plutôt tendance à excuser les électeurs, abrutis par les bonimenteurs, les sondeurs, les promesses non tenues. Mais qu'un clan familial puisse accaparer – ou tenter de le faire – ce grand et beau pays avec son histoire aux strates multiples, c'est un véritable scandale. L'effet pervers : si une telle mainmise mafieuse était réellement mise en œuvre, la « Grande Nation » serait définitivement envoyée par le fond... à coups de beaux discours nationalistes ! - Les conséquences, vous en conviendrez, seraient désastreuses : une baudruche qui voudra continuer de jouer dans la cour des grands avec une monnaie de singe et une économie en faillite... restera la menace atomique, comme en Corée du Nord.

      L'ironie tuant l'ironie, je crois en effet que toutes proportions gardées la comparaison avec les années 1930 en Allemagne n'est pas complètement aberrante : avec une crise économique apparemment insoluble et une démocratie moribonde, un peu plus de 30% des voix et de beaux discours peuvent suffire à la prise de pouvoir d'une mafia qui est en train de se mettre en place en France.

      Gebranntes Kind scheut das Feuer!

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  3. Bien sûr la comparaison avec les années 1930 est malvenue. Toute tentative de comprendre est aujourd'hui malvenue. Tout essai de réflexion en profondeur est immédiatement taxé de « bien-pensance ». Le discours irresponsable et le délire ont pris la place d'une parole prudente, éclairée.

    - Assez pensé, passons aux actes !

    Tête baissée, les électeurs français se précipitent dans les bras d'un clan familial, comme les électeurs allemands ont accordé 33,1% à la mafia de la NSDAP en novembre 1932. Et 33,1% des voix exprimées ont suffi pour enterrer la démocratie, mettre l'Europe à feu et à sang pendant douze longues années."

    Je souscris au tragique de votre propos.

    Amicalement.


    "

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    1. C'était l'expression d'un coup de parano au temps de l'oubli où le passé et l'histoire s'effacent devant un présent virtuellement éternel et donc un avenir éternellement hypothéqué...

      Bien cordialement

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  4. Si la réflexion doit automatiquement se ramener avec une concordance obligatoire avec les années 30, alors il n'y a plus de réflexion. C'est un peu facile d'aller pécher dans l'histoire ce qui semble coller avec ses opinions politiques et à partir de là de tenter de faire pleurer Margot ou de l'apeurer.
    On pourrait comparer aussi avec les bolcheviques, puisque le programme économico-social du FN fait davantage penser à ça qu'au nazisme, qui bien qu'ayant perdu aux élections de fin 1917 se sont emparés du pouvoir. On trouve toujours ce qui arrange, hein! Au moins ça permet de ne pas avancer et surtout de ne pas se remettre en question . En fait c'est exactement l'attitude de la gauche socialiste qui ne s'est jamais remise en cause, elle et sa politique qui a fait exposer les scores du FN. Donc on continue et on tente, de plus en plus difficilement, mais tant que ça tient, ça tient, de combattre les conséquences dont on est la cause, juste les conséquences, tout ça en pratiquant d'infâmes petites magouilles politicardes, la politique étant remplacée par de sordides additions de voix derrière lesquelles on doit considérer qu'il n'y a personne, et des postures accompagnées de décisions qui doivent faire s'étrangler le militant sincère encore une fois cocufié.
    Mais vous avez raison, c'est les années 30 qui reviennent!
    Vlad

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    1. Vous voilà vous aussi en colère, Vlad !

      D'accord avec votre première phrase. En effet, d'une part comparaison n'est pas raison, comme le veut l'adage, et de l'autre, elle ne doit pas tenir lieu de réflexion, notamment en occultant les spécificités de ce qui est comparé. Dans cette perspective, je suis en train de rédiger un "retour sur le vote FN" plus distancié que l'espèce de bifton ci-haut écrit lui aussi sous le coup de la colère, ce qui ne vous a pas échappé...

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    2. C'est pas contre vous. Mais avouez que l'analyse, ou les hypothèses d'analyse qui devraient être faites n'existent quasiment pas. C'est quand même un peu facile de dire "fachos", "montée du NSDAP", "démocratie en danger", enfin tous ces slogans qui tiennent lieu de réflexion pour éviter justement qu'une réflexion soit faite et qui évidemment remettrait en cause davantage que l'action d'un parti au pouvoir tout un système que j'estime à bout de souffle parce que justement il a trahi la démocratie.

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    3. Bien sûr, Vlad, on ne peut pas comparer NSDAP (ou NPD) et FN. C'est la situation que vous analysez dans votre billet à L'Obs d'une faillite de la démocratie réelle - entendu comme choix entre de véritables programmes, susceptibles d'être réellement mis en œuvre et non de simples points de discours ("promesses") - qui donne à penser. Avec cette faillite, le risque d'une arrivée au pouvoir de formations anti-démocratiques augmente. Et il y a la similitude des conditions - notamment les millions de chômeurs, les crises économiques ingérables sur le plan politique, la montée des extrêmes ("populismes") - qui suggèrent cette comparaison 1932/2015. Si l'histoire a tendance à se répéter, elle ne se répète jamais à l'identique : les événements nous surprendront toujours, s'ils ne nous prennent pas au dépourvu. Restons vigilants et lucides si possible...

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    4. Si on peut voir quelques analogies avec l'environnement économico-social, on peut déjà quand même constater que leur traitement social est un sacré atténuateur à une crise de régime. mais au-delà le contexte des années 30, c'est un conflit idéologique entre l'extrême-droite (multiforme puisque le fascisme n'est pas le nazisme) et le communisme qui ravage l'Europe et qui a largement égratigné les démocraties ou les ont fait carrément disparaitre parfois. Et là on n'est pas dans ce contexte, loin de là.
      Si le discours national du FN séduit et lui assure finalement quasiment seul le succès qu'on lui connait en termes de poids électoral, mais toujours pas en termes de représentativité (anomalie de la démocratie?), c'est davantage en réaction à une situation qui se dégrade d'un point de vue identitaire qu'en une croyance en une France ou un peuple français supérieurs, incapables d'accueil, xénophobes, enfin tous les vices qu'on attribue au FN et à ses électeurs. La nation, avec tout ce qui gravite comme imaginaire autour, est sans doute la dernière chose qui reste à ceux qui n'ont plus grand chose et même plus rien et en tout cas guère d'espoir de voir leur situation matérielle s'améliorer. Enfin je vous ai déjà expliqué les raisons de mon attachement à la nation à mon avis seule capable de permettre ce qu'on appelle le vivre ensemble de la meilleure façon. Et l'Europe ne pourra jamais suppléer à cela.
      Par ailleurs cette mise en accusation du FN qui serait anti-républicain, antidémocratique est aberrante dans la mesure où ce parti existe depuis les années 70 et n'a jamais été menacé d'interdiction pour les deux caractéristiques qu'on lui prête désormais qu'il devient un danger pour le système en place. Il faut être cohérent : s'il est cela il faut l'interdire. Et même Jospin quelques années après sa défaite a reconnu que l'agitation du danger fasciste était une vaste comédie. Et d'ailleurs si on en faisait moins à ce sujet pour se concentrer sur son programme il serait sans doute moins puissant aujourd'hui d'autant plus que là il y a du grain à moudre. Mais c'est quand même bien commode de le savoir puissant (mais attention à garder le contrôle) pour éviter de parler d'autre chose, et surtout, sans doute pour interdire de traiter certains dossiers délicats, relatifs à l'immigration ou à la laïcité, ou encore à l'intégration par exemple dans la mesure où toute réflexion critique sur la politique menée, en fait pas menée, vous range d'office dans le camp du mal. "Vous dites la même chose que le FN", "en disant ça, vous faites le jeu du FN" et donc...

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    5. En effet, l'assistance était bien moindre à l'époque. Je ne crois pas être trop loin de la vérité en disant qu'A.H. a été nommé chancelier par peur du communisme. En ce fameux novembre 1932, SPD et KPD réunis faisaient 37,1&% (contre 33,1% au NSDAP, je le rappelle). Ce qu'on ne savait pas à l'époque, c'est que Moscou avait strictement interdit au KPD toute alliance parlementaire avec le SPD. On misait sur la révolution, comme celle qui avait été avortée en 1918 avec le concours du SPD (autre contentieux).

      Le fait que le FN n'ait pas été interdit, que sa montée aura même été favorisée par les partis en place (dont le PS), n'est pas un argument contre sa dangerosité, la réelle menace qu'il représente pour la démocratie. Et que la démocratie elle-même n'est aujourd'hui qu'un paravent pour masquer le vrai pouvoir (économique et financier) n'est pas non plus une raison pour y renoncer mais au contraire un motif de travailler à la (re)mettre d'équerre. Même chose pour l'Europe qui se trouve actuellement à une croisée de chemins : ou bien son démantèlement (que souhaite le FN) ou bien sa construction politique (et sociale).

      La séparation de l'Église et de l'État, la société des libertés à l'Occidentale, une Justice indépendante fondée sur l'État de droit, un système de soins et d'assistance équitable, l'instruction libre et gratuite : ce sont là des acquis non négociables. Ceux qui ne l'acceptent pas sont en dehors des clous, et les moyens existent pour le leur faire comprendre très fort. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué pour embrouiller les esprits et diluer le message...


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    6. Salut SK,

      bon on va faire ça dans le désordre, de l'accord vers le désaccord, pour finir sur des banalités historiques.

      Evidemment je suis d'accord avec votre dernier paragraphe. mais si on fait le point dans chaque domaine, on trouve assez de points négatifs ou de dégradation avec le temps pour que cela explique l'opposition à ce que les frontistes appellent justement le système.
      Laïcité à géométrie variable, et pour le moins malmenée et trahie par ceux qui devraient en être les garants, menacée par des revendications qui parfois se transforment en accommodements fort déraisonnables. Bref la laïcité part en vrille.
      Le système de soins se dégrade lui-aussi avec une philosophe parfois surprenante, par exemple le remboursement d'un traitement préventif contre le SIDA, en gros pour ceux qui adoptent délibérément des conduites à risque, et la transformation du droit de bien voir, de bien entendre et de bien mastiquer en un luxe hors des possibilités de la bourse de beaucoup désormais.
      Quant à l'instruction on est passé d'un système dont j'ai bénéficié et qui permettait de plus en plus de surmonter les handicaps allant avec ses origines socio-culturelle dès qu'on en avait les capacités et l'envie, à un système qui enferme les jeunes dans leur milieux socio-culturels, un système qui fait le bonheur de l'école privée et qui sélectionne (un gros mot même si de toute façon on finit par y arriver un jour ou l'autre) finalement par le pognon. Je sais ce que je dois à l'école publique où j'ai fait toutes mes études, et j'enrage de voir ce qu'elle est devenue.
      Alors ces trois points ne sont certes pas négociables, mais quand on voit ce qu'ils sont devenus et leur perpétuelle dégradation sous les coups de boutoirs de gouvernements successifs, on n'en n'aura bientôt plus que l'enveloppe sans le contenu.
      Alors ce n'est sans doute pas le FN qui va rétablir la situation, mais celle-ci est assez grave pour au moins susciter un vote contestataire.

      S'agissant de la dangerosité du FN pour la démocratie, vous y croyez, moi je n'y crois guère ne voyant surtout qu'une bande de charlots sans moyens de répression et de terreur à leur disposition (comme les SA ou les SS pour continuer la comparaison avec les nazis). Donc même pas peur!
      Maintenant la question est importante de savoir comment rétablir une démocratie parie en vrille, dont des élections sans portée réelle sont le dernier symbole. C'est bien là le cœur du problème. Mais si on ne peut évidemment pas compter sur le FN pour cela, on ne peut pas davantage compter sur les partis dits de pouvoir qui ont créé cette situation et qui, d'après ce qu'on voit après ce premier tour, ne semblent guère être enclin à se réformer. Ils vont même finir par s'unir quand le danger de voir le FN arriver au pouvoir sera en limite d'advenir, et ce sera fort logique puisque peu de choses les sépare finalement, à part les mots.

      Quand au premier paragraphe de votre commentaire, il me parait assez juste. cela dit, et même finalement si ça n'a rien à voir avec le sujet du FN, je ne vois guère quelle aurait pu être la justification et surtout l'avenir d'une coalition KPD/SPD, l'un étant antidémocrate et l'autre démocrate. C'était sans doute à terme une guerre civile en perspective avec un coup d'Etat dont les nazis seraient d'aileurs sans doute sortis vainqueurs, à moins que ce ne soit l'établissement d'une dictature communiste. Dans tous les cas, ce sont des millions de morts.
      Cela dit et l'expérience française dans ce domaine est assez éclairante si on se réfère aux années noires, les rassemblements se font davantage entre démocrates vs antidémocrates qu'entre gauche et droite pour simplifier. Beaucoup de nos "illustres" collaborateurs viennent de la gauche.

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    7. C'est vrai ce que vous dites sur les moyens répressifs dont disposaient les nazis dès avant la "mise au pas". Cet élément et la menace du communisme font certainement la différence.

      D'autres éléments permettent cependant un rapprochement : la situation de crise économique profonde et l'impuissance des politiques ("démocrates") à la régler, l'idéologie nationale-populiste qui, avec un certain succès, convainc les déshérités qu'elle est la dernière planche de salut. L'antisémitisme - les juifs comme source de tous les malheurs - est remplacé par la haine (implicite) et la stigmatisation (explicite) des citoyens de confession musulmane, la menace brandie étant à la fois le terrorisme, l'immigration (musulmane) et, tradition oblige, le "gauchisme" (ou ce qu'il en reste).

      Je dois préciser ici, comme je l'ai déjà laissé entendre, que pour moi le poison est le monothéisme en général qui procède d'une absurdité logique (un seul dieu, trois monothéismes + sécessions internes) et qui a donné - et donne encore - lieu à des guerres de religions interminables. Puisque l'homme a besoin de croire, un polythéisme revisité dans le cadre d'un État laïc me paraîtrait une bonne solution. Et l'abandon de la métaphysique par les philosophes - les meilleurs ennemis et contradicteurs des théologiens ! - a été une catastrophe puisque le terrain a immédiatement été repris par les bonimenteurs, charlatans et prêcheurs. - Que l'islam constitue actuellement le monothéisme le plus intransigeant et intolérant, c'est un fait. Mais de même qu'il serait stupide d'accuser de "fascisme" la grande majorité des électeurs du FN, il est absurde de faire porter la responsabilité pour une idéologie meurtrière à la grande majorité des musulmans français qui pratiquent leur foi sans déranger personne.

      Je reste convaincu que le FN est un danger et un risque pour la démocratie, d'autant que celle-ci est actuellement en quasi faillite (démocratie virtuelle des sondeurs et médiatiques, impuissance des politiques à résoudre les problèmes, rapprochement gauche/droite p.ex. dans la cadre de la "Grande Coalition" en RFA). Car pour moi ce sont de redoutables pragmaticiens qui n'hésiteront pas à verrouiller leur propre "système" (utilisation révélatrice du mot) s'ils arrivent au pouvoir. S'ils ferment les frontières du pays, ce n'est que pour mieux y exercer leur domination en vase clos. Disons que c'est peut-être de la parano, mais si seul le fait accompli peut en décider, il sera trop tard pour se plaindre. De la parano préventive, en somme...

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  5. Il y a une double dramatisation et diabolisation dans les courants d'opinion opposés.
    -la droite radicale parle du danger d'islamisation du pays, la République aurait abandonné la laïcité et la patrie.
    -la gauche radicale parle de danger de nazification du pays faute d'avoir eu une réponse sociale suffisante -mais comme le relève Vlad, elle ne remet pas en cause la mondialisation libérale relayée par l'UE ayant entrainé le départ du travail vers les pays low cost et l'arrivée de travailleurs low cost-.

    De mon point de vue, le FN d'aujourd'hui n'est pas plus le FN du vieux bretteur que le PC d'aujourd'hui n'est le parti stalinien des années cinquante. On s'émeut d'une subvention coupée à une association ou du renommage d'une rue, il y a un discours fortement identitaire et hostile aux dissemblances de coutumes, mais au niveau local il n'y a ni fermeture de frontière ni retour au franc, on n'est pas dans un enjeu national.
    Alors si j'étais dans le Nord je voterai pour Xavier Bertrand (sans pince à linge), mais dans l'est, pour Jean-Pierre Masseret (sans culpabilité).

    Nolats

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  6. Eh bien, ils n'ont pas eu l'Alsace et la Lorraine, et il y aura dans le grand Est des conseillers régionaux des trois principaux courants politiques.

    Nolats

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  7. Oh oui : "ils causent dans le poste". Et la moindre petite phrase et, pire, le plus anodin des faits privés, sont exploités, manipulés, essorés jusqu'à la dernière goutte par une presse avide de buzz. Cet autre pouvoir qu'est devenue la presse n'est pas pour rien dans l'évolution politique de notre pays dans lequel on a viré de l'enseignement heures d'histoire et de philosophie.
    J'interroge souvent des jeunes gens : vers quoi s'orientent-ils le plus souvent? Le commerce, la banque, la communication. Beaucoup de jeunes (30 % des votants je crois) entre 18 et 24 ans ont voté pour le FN aux dernières régionales.
    Notre nombril n'est pas seul concerné. Des mouvements d'extrême-droite, de très méchants et de très violents, grandissent partout autour de nous : Suisse, Hongrie, Pologne, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Norvège et j'en passe....
    L'Avenir n'est pas pour demain. Un jour, peut-être, un jour lointain, pour nos enfants ou, plutôt pour nos petits-enfants. Ce qu'il y aura entre les deux, je n'ose pas y penser. J'espère me tromper.

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