lundi 9 mars 2015

Hellas !

L'affaire Syriza révèle, tant pour la Grèce elle-même que pour la France et les autres pays occidentaux, qu'il est désormais impossible de faire une politique de gauche – je veux dire : sociale (1) – même si une majorité d'électeurs la plébiscite. Avec une série de précédents, cela était déjà apparu avec force lors de l'approbation en 2007 par le parlement français du fameux Traité de Lisbonne, clone du Traité de Rome pourtant refusé en 2005 par 54,67 % de l'électorat français (2) : la démocratie telle que nous l'avons – brièvement – connue semble avoir vécu.

En parlant de la Grèce : avant d'être monothéistes et « judéo-chrétiennes » – juxtaposition très à la mode qui, tout de même, passe sous silence un millénaire de persécutions du « peuple déicide » – nos racines européennes communes sont d'abord polythéistes et gréco-romaines. Peut-être faudrait-il s'en souvenir au moment où les inventeurs de la démocratie, de la philosophie, des sciences et du théâtre modernes risquent de prendre la porte de l'Union. Or, le travail sur le symbole et la reconnaissance d'une histoire, d'une culture européenne ne sont pas davantage à l'ordre du jour qu'une politique sociale commune, seule façon plausible d'empêcher à terme l'implosion de l'Europe.

L'attitude vis-à-vis de la Grèce est tout simplement obscène : les quelques sociaux-démocrates au pouvoir en Europe, comme M. François « Mon-Ennemi-C'est-La-Finance » Hollande ou le camarade Sigmar « Merkelito  » Gabriel, gardent un silence coupable tandis que les banques mettent la pression, après avoir conduit l'économie mondiale au bord du précipice, appauvri les populations et favorisé une fraude – lisez : « optimisation » - fiscale de grande envergure. – Quant aux « gauchistes » de service, passant leur vie à faire du bruit avec la bouche et à refuser des alliances qui sont pourtant la seule planche de salut dans ce qui nous reste de parlementarisme, ils écrivent dans un accès d'euphorie quasi maniaque : «  La victoire de Syriza est un événement historique. L’ère de la toute-puissance arrogante des néo-libéraux en Europe commence sa fin. Une occasion extraordinaire se présente pour refonder l’Europe, c’est-à-dire une occasion d’abolir les traités qui en ont fait ce monstre libéral monétariste. A partir de notre victoire en Grèce on peut imaginer un effet domino. Ce serait comparable à celui qui a touché l’Amérique latine. Là bas c’est ce qui s’est passé après qu’un premier pays se soit débarrassé de son gouvernement du PS ou de la droite, ou des deux en coalition, qui obéissaient au doigt et à l’œil du FMI. En effet, les mêmes le font ici avec la Troïka et madame Merkel ! La vague commencée là-bas vient d’arriver en Europe en passant par le sud de celle-ci qui en est le plus proche culturellement. » [ici]

 Ce qui est terrible ici, c'est cette foi aveugle dans la magie du verbe, cette autosuggestion de nature animiste qui consiste à croire qu'il suffit de dire, d'énoncer les choses pour les produire, les faire exister réellement : on le constate également à l'autre bout de la rampe, où l'on n'a toujours pas intégré que le monde a radicalement changé depuis les révolutions communistes et fascistes, les 60 millions de morts de la Seconde guerre mondiale, la fin du colonialisme et de la guerre froide, depuis l'avènement de la globalisation virtuelle et de la société de l'information planétaire. Ainsi, il ne suffit pas d'évoquer de façon incantatoire les points de repère perdus – par exemple : « travail, famille, patrie » – pour les ressusciter : en effet, le retour au plein emploi n'est plus qu'une belle illusion et la notion même de travail est à repenser complètement ; de même, la famille bourgeoise ou petite-bourgeoise est à l'agonie depuis un bon moment et plus de la moitié de nos enfants évoluent dans le cadre d'une « famille recomposée » ou « monoparentale », comme on dit si bien aujourd'hui ; enfin, la patrie – lisez : la « nation », cette invention récente et particulièrement meurtrière, palliant à la mort du roi de droit divin – est à son tour devenue un fantôme dans le système actuel de la finance internationale, de l'économie apatride, qui interdit tout repli sur soi, toute autogestion, toute solution alternative, comme en témoigne la Grèce de Syriza.





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Notes


(1) Avec tous ces blablas polémiques, une chatte n'y retrouverait pas ses petits, et c'est sans doute le but de l'opération. Or, la politique sociale - législation sur le travail, salaire minimum, taxation équitable, couverture maladie, système de retraites, instruction publique etc. etc. - est traditionnellement l'affaire de la gauche. Que celle-ci joue de plus en plus le jeu de son ennemi tout aussi traditionnel - que l'on me dispensera de portraiturer ici - cela ressemble fortement à une preuve de ce que j'avance : il est désormais impossible de faire une politique de gauche !


(2) À la suite du rejet référendaire, un groupe Amato (Comité d’action pour la démocratie européenne, présidé par Giuliano Amato, officiellement en anglais Action Committee for European Democracy, ACED), composé de « sages » et soutenu par la Commission Barroso, a travaillé de façon non officielle, en réécrivant le traité. Le 4 juin 2007, le groupe arrêta un texte en français, constitué aux trois quarts de l’ancien traité constitutionnel auquel quelques modifications ont été rajoutées. Il a été certes allégé en épaisseur, non en contenu. [wikipédia]




Commentaires des blogueurs/gueuses de L'Obs



Hellas ! Hélas !..merci sk. Il fallait le dire, comme un sentence.. voilà pourquoi un grand nombre d'électeurs vont voter pour une politique d'extrême droite afin de faire le tour du cercle trigonométrique et espérer revenir à la case départ.. Je reprends votre renvoi (1) pour portraiturer la Droite et ainsi formuler l'antithèse : La politique de Droite c'est : détricoter un maximum la législation du travail, supprimer le SMIC et s'en remettre aux discussions intra-entreprises, alléger au maximum la fiscalité sur les entreprises et sur les dividendes, supprimer l'impôt sur la fortune, dérembourser largement les prestations sociales et la couverture maladie et ouvrir d'avantage sur la formule assurance personnelle ou de fonds de pensions pour financer une retraite par capitalisation, privatiser un maximum de services publics en développant un système conventionnel basé sur le service universel minimum et enfin, laisser les familles choisir le prestataire éducatif qu'elles veulent pour leur progéniture..Réduire au maximum les dispositifs qui avaient prévalu dans le contexte de ruine financière et de solidarité d'après guerre..Ils appellent ça des "réformes".. Vous écoutez Mme Agnès Verdier-Molinié de l'IFRAP, qui avait été nommée par Mme Lagarde alors Ministre de l'Economie, et vous avez très exactement ce qui précède comme recommandations..et bientôt au forceps.. hubert

Écrit par : hubert41 | 09/03/2015 |

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Bonjour SK, Je suis assez d'accord avec votre analyse. Pour ce qui concerne les alliances, vous entendez certainement "alliances politiques". Si oui, souvenez-vous du programme commun qui n'a été un succès que pour élaborer la prise du pouvoir en 1981. Ensuite, nous avons observé une lente descente aux enfers (privatisation, réforme hospitaliere qui a mené à la catastrophe alors que l'hôpital se portait bien etc, etc, etc...). À mon avis, les alliances doivent s'élaborer à l'international et sur tous les plans (syndicats, par exemple). La politique ne doit pas agir seule...

Écrit par : Pseudo neutre | 09/03/2015

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Oh ! Que ça fait du bien de vous lire en accompagnement d'une première tasse de café ! J'ai eu à peu près la même idée à propos de la magie du verbe : belle magie de l'enfance (il suffisait que déclarer "on disait que j'étais un oiseau, roi, Zorro,..."pour l'être) ; un peu infantile à l'âge adulte, non ? Je reviendrai.

Écrit par : plumeplume | 09/03/2015

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Bonjour SK, Merci pour cet excellent état des lieux. Résumer l'essentiel en une note destinée à la lecture sur écran de PC, vous avez fait fort. En son temps j'avais lu le traité de Rome et j'avais été frappé par le fait que 95% de son contenu, si ce n'est davantage, ne concernait que les nouvelles modalités de relations bancaires. Rien qui aurait pu servir de support de rassemblement autorisant une identification/d'appartenance pour les les divers peuples d'Europe. Quant à leur représentation et leurs aspirations... Vous venez de faire cette note ! Cdlt

Écrit par : Pyroman | 09/03/2015

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Bonjour SK, je suis surpris que vous soyez surpris et votre indignation qu'au demeurant je comprends pourrait être comparée à celle d'un communiste qui découvrait (enfin qui était forcé de faire comme si) après avoir milité pendant des années que le communisme en application n'était pas synonyme de liberté ou d'émancipation, mais juste l’inverse. Je ne crois pas me tromper en disant que vous êtes un europhile. Et maintenant vous découvrez ce qu'est l'Europe et notamment ce déni de démocratie que votre billet indique fort bien. Mais comment vouliez-vous qu'il en fût autrement. Les dès étaient jetés depuis les années 80, le résultat s’étalant clairement sur le tapis au début des années 90 avec l'infâme traité de Maastricht. Là aussi on fit revoter les pays qui n'en avaient pas compris les bienfaits. Et si en France ce traité passa par referendum, c'est davantage dû au cancer opportunément rendu public de tonton et de l'agitation déjà de l'hydre du FN. Mais c'était quand même serré. Le traité de Lisbonne finalement n'a rien changé à cette dynamique enclenchée. C'est juste une péripétie de toute façon inévitable dans cet engrenage ignoble dans lequel nous ont entrainés aussi bien la droite de puis Giscard que la gauche depuis Mitterrand. Mais c'est bien quand même de considérer avec presque 25 ans de retard que c'étaient Séguin et Chevènement qui avaient raison contre Delors, les souverainistes de droite et de gauche contre les européistes qui se sont acharnés brader la souveraineté de leur nation et donc en son sein le rôle du politique réduit au rang de simple gestionnaire chargé d'exécuter les consignes d'une commission non élue (le caractère anti-démocratique de cette commission apparait de façon éclatante quand on désigne un commissaire, Mosco en l'occurrence, issu d'un parti qui s'est pris une bâche aux élections européennes). Bien évidemment c'est la démocratie qui est morte en Europe, dans chacun des pays. Mais vous me direz peut-être (et on reviendra à un parallélisme avec le communisme et la construction en deux étapes du paradis sur terre) que nous sommes dans un entre-deux, à un moment où la démocratie au sein des Etats, certes n'est guère respectée, mais que l'avènement d'une vraie Europe s'accompagnera d'une vraie démocratie pour le peuple européen. Un peuple qui n'existe pas. Et bien voilà! Nous n'aurons pas cette Europe "citoyenne" et nous aurons perdu les attributs de la souveraineté et de la démocratie ne restera, ne reste déjà, plus qu'un simulacre symbolisé par un isoloir et une urne de verre. Mais qu'on se rassure, l'aventure n'est pas terminée car le pire est encore à venir avec l'infâme traité TAFTA qui fera définitivement de nous, en rompant les dernières digues derrières lesquelles nous pouvions encore bercer quelques illusions, un satellite, au sens de ce que pouvait être la Pologne vis-à-vis de l'URSS de Yalta aux années 80, des Etats-Unis et de ses multinationales. Je sais que vous ne serez pas d'accord, mais je sais aussi que vous n'aurez rien de mieux à proposer, mais ce qui pouvait (voyez, j'utilise déjà l'imparfait tellement je n'y crois plus) c'était la nation dont le détricotage est, et ce fut délibéré, corrélatif à "l'avancée" de l'Europe. C'était la vision gaullienne de l'Europe qui était la seule pertinente, celle de l'Europe des nations. Dès qu'on a voulu dépasser ça, on a ouvert la boite de Pandore.

Écrit par : Vlad | 09/03/2015

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Salut Vlad, je crois que ce qui nous sépare en effet, c'est l'idée de "Nation". - Malheureusement, il est difficile, dans le cadre présent, de parler des éléments biographiques, personnels et familiaux, qui me poussent à ne pas souscrire à cette idée. - De plus c'est un concept tellement malléable : "progressiste" et paradoxalement "internationaliste", l'idée de Nation issue de la Révolution Française a ensuite fait place à ce "repli sur soi" qui s'invente une tradition, qui unit les "nationaux" en leur désignant des ennemis communs ("traditionnels", "héréditaires"). - Je pense (et je sais à mon tour que vous ne serez pas d'accord) que la Nation est une énorme machine de guerre... et la plupart du temps il ne s'agit pas de "guerre défensive", contrairement aux annonces hypocrites des agresseurs. Je ne suis pas europhile, comme vous dites si bien, mais simplement Européen, comme vous d'ailleurs, et en tant que tel je reste "apatride" pour le moment puisqu'on ne cesse de me demander ma "nationalité" ! (Je ne connais pas votre relation familiale avec la Russie, mais j'ai toujours été un partisan de l'intégration à terme de ce grand pays européen dans l'Union, n'en déplaise à Poutine qui, comme nous tous, n'est que de passage !) Le problème, pour moi, est le suivant : les alibis du libéralisme économique, qui donne lieu à une série impressionnante d'injustices - de désastres ! - que nous pouvons observer partout sur la planète, ont toujours été la démocratie et la liberté d'expression. Je constate naïvement que nos votes n'ont plus aucune espèce d'incidence sur la marche réelle ("injuste", "désastreuse") des choses, et je tiens à cette naïveté qui me permet d'écrire, tel le petit garçon du conte: "Mais le roi est nu !" - Par ailleurs, j'avais essayé au début de ce blog (vous en trouverez des traces sur wordpress) de montrer que la liberté d'expression n'en menait pas non plus très large. Mais c'est là une autre paire de manches.

Écrit par : sk | 11/03/2015

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Erreur de ma part : il ne s'agissait pas du traité de Rome, mais de celui de Maastricht. :-(

Écrit par : Pyroman | 09/03/2015

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Pyro : comme dit Laurent Gerra pastichant le vicomte Philippe de Villiers : "sus, sus..sus à Maastricht !" :-)

Écrit par : hubert41 | 10/03/2015

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Votre Etat des lieux c'est TINA , c'est Margaret qui doit être contente du fond de sa tombe mais votre discours est on ne peut plus conventionnel , on croirait entendre les chroniqueurs du Monde et de Libération et de l'Obs aussi... de tous ces gens , les experts et les médias qui nous apportent la bonne parole tous les jours que le calendrier fait et qui a force de dire que l'Europe , c'est du "tout cuit" et que le FN dans le fond , c'est pas si terrible , ces gens là dis-je ont anesthésié la population Donc vous n'inventez rien et surtout vous ne croyez plus en rien contrairement à celui dont "la bouche" (je me demande ce qu'il y a derrière ce vocable) déverse autre chose que ce que vous entendez quotidiennement et qui se nomme l'espoir pour une Europe différente Quoiqu'il en soit la Grèce , Syrisa on ne pourra pas dire que ces gens là ont renonçés illico presto à leurs promesses , ils auront essayé contrairement à notre Hollande national qui a capitulé dès la première réunion avec Merkel comme tous les autres sociaux démocrates européens donc pour ma part même si je n'ai pas l'enthousiasme de Mélenchon , je dis que la brèche a été ouverte

Écrit par : kulturam | 09/03/2015

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Salut kulturam, il a fallu que je me renseigne sur le sens de TINA ("There is no alternative") : je n'en sais rien, j'écris à partir de ce que je ressens - ici l'obscénité des attitudes vis-à-vis de la Grèce, berceau de l'Europe, qui vient d'ailleurs de réagir dans le même registre absurde en réclamant plus de 300 milliards de réparations à l'Allemagne (en fait les chiffres avancés par les médias grecs vont de 11 à 332 milliards). Je ne porte pas de jugement sur la justification (ou non) de cette demande, l'absurdité concerne le moment choisi pour la faire (la réitérer) et le caractère symbolique qu'elle ne peut manquer de prendre (Schäuble vs. Varoufakis). Pour le "bruit avec la bouche", c'est une expression ouvrière, utilisée par exemple dans le Sud-Ouest : j'avais remarqué ce travers chez Besancenot qui, si on lui posait la question sur la faisabilité de ce qu'il réclame, répondrait invariablement : "Une seule solution, la révolution !" - Sérieux, kulturam, vous croyez que la "révolution" changerait le cerveau de votre voisin de palier (vous savez celui qui vous emmerde tous les matins en passant les chansons de La bande à Basile à fond les baffles). D'ailleurs, en parlant de cerveau, celui de l'Homme n'a pas subi de modification importante depuis la préhistoire : toujours la même brute sanguinaire... alors la révolution, permettez-moi, après toutes ces formidables tentatives, de ne plus y croire, en effet. Pour le reste, je vous laisse à votre propre ressenti. À bientôt, tout de même.

Écrit par : sk | 11/03/2015

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Merci pour ces réactions polyphoniques. - Malheureusement le temps me manque ce soir pour prendre position sur les remarques critiques. J'y reviendrai dès que possible.

Écrit par : sk | 09/03/2015

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Sk, c'est un intéressant panorama que vous proposez, toute la situation européenne tient à cela, et s'ensuit un beau débat pluraliste (il manque toutefois les néo-libéraux). Tout d'abord une incise concernant la civilisation européenne, il parait que l'expression la plus appropriée devrait être "hélléno-chrétienne", le terme "judéo-chrétienne" porte plus spécifiquement sur la morale (décalogue...). Sur le fond, l'Union n'a pas été d'abord un projet politique -si ce n'est l'idée qu'il vaut mieux coopérer que se combattre- mais un projet économique CECA, CEE; les intentions d'union politique ont rapidement surgi, mais dans un contexte à 6. Le projet initial qui était de coordonner les économies de pays ayant un niveau de développement comparable en ouvrant progressivement les frontières et en harmonisant les standards. Mais l'élargissement à des pays de niveau de plus en plus disparate sans aucune exigence d'harmonisation sur les standards sociaux et les exigences faites aux pays fondateurs a déséquilibré l'ensemble, en créant une sorte de mini-mondialisation intégrée, avec son dumping interne, ses pays low cost, ses délocalisations, à la plus grande joie des multinationales. Le "prétexte" était généralement d'"arrimer à la démocratie" ces pays, ce fut le cas de la Grèce suite à la chute des colonels. C'est clair, dans ce contexte dérégulé et hétérogène, il n'y a effectivement aucune politique "de progrès social" possible, car la "compétition" intraeuropéenne prédomine sur la "coopération" (alors qu'il faudrait harmoniser préalablement à l'ouverture des frontières économiques). S'ajoute, avec l'euro, la perte de la maîtrise de la monnaie et notamment la possibilité d'adaptation de son cours pour question de compétitivité (quoique la BCE ait très sensiblement assoupli sa politique de taux et de tirage monétaire). Mais il y a un autre problème, les états étant endettés auprès du marché financier, s'ils dénoncent unilatéralement leur dette, il ne leur sera définitivement plus possible d'emprunter par la suite. En outre, dans le cas de la Grèce, l'UE verse depuis des années des subsides, donc il y a une forte dépendance (notons que la France verse désormais à l'UE davantage qu'elle n'en reçoit, la situation est différente). Quelle piste de solution? de mon point de vue, la BCE devrait non pas racheter de la dette pour la redéployer, mais racheter de la dette pour l'annuler en partie, en créant de la monnaie et en faisant un audit de la part de dette mature ayant donné lieu à intérêts cumulés au delà du capital lui-même. PS: lors de la création de l'euro, la parité du Franc a été surévalué et celle du mark sous évaluée, d'où un problème de compétitivité, VGE a lui même dit à l'époque que l'euro aurait du être à 7 francs non 6,5...). Il est très probable que ce fut plus accentué encore pour le drachme (mais les gouvernants avaient caché la réelle situation).

Écrit par : nolats | 09/03/2015

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Salut nolats, Contrairement à vous peut-être, je ne suis pas un grand fan du monothéisme. Mais, connaissant ce besoin - très culturel ! - de culte, je renvoie au panthéon hellénique qui - bizarre, bizarre - est totalement passé à l'as chez les docteurs ès origines européennes. Et j'y renvoie d'autant plus que cette partie négligée de nos "racines communes" risque de se retrouver définitivement exclue, ce que je considérerais comme la fin symbolique du projet européen. - Je veux bien que le christianisme ait pris la suite - de l'empire romain qui nous a tout de même, et entre autres, légué le droit du même nom. Mais, pour ne prendre que cet exemple significatif, la réinterprétation chrétienne du platonisme - de "l'amour platonique" - touche davantage à la falsification de l'original qu'au dialogue ou au "prolongement". Quant à Aristote, il a dû faire un détour par les théologiens musulmans (Avicenne et al.) pour être "redécouvert" par Thomas. - Je subodore une sacrée embrouille théologico-philosophique. Qu'en pensez-vous ? À ce propos, si j'étais un grand penseur très célèbre interrogé sur l'Europe, je me contenterais de dire en pinçant les yeux : "L'Europe sera philosophique ou ne sera pas !"

Écrit par : sk | 11/03/2015 |




On ne veut pas aider les grecs mais on peut construire pour des milliards la nouvelle forteresse de la BCE , , ils pourront regarder de très haut les peuples qu'ils ont condamnés à l'austérité , sans être élus www.bastamag.net/Inauguration-de-la-Banque-centrale-europeenne-et-si-on-s-invitait-a-leur-fete

Écrit par : kulturam | 09/03/2015

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"On ne veut pas aider les grecs" en fait, si, il y a une aide, les banques avaient divisé par deux la dette grecque il y a trois ou quatre ans, et il y a un plan d'aide européen qui va être prolongé de 6 mois.

Écrit par : nolats | 09/03/2015

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le plan d'aide est soumis aux réformes dont certaines ne plaisent pas à l'Eurogroupe et Varoufakis menace d'un referendum en voilà un homme qui sait se battre et qui est un vrai démocrate car la décision du peuple serait alors le recours pour sortir ou non de l'Europe www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150309tribd88b3549d/pourquoi-la-grece-evoque-t-elle-un-referendum.html

Écrit par : kulturam | 10/03/2015

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à lire Gérard Filoche www.filoche.net/2015/03/05/grece-l%E2%80%99hypocrisie-des-dirigeants-de-l%E2%80%99union-europeenne/

Écrit par : kulturam | 10/03/2015

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Nolats : ça deviendra inévitable, également pour La France sinon, la situation politique de la France deviendra, après 2017, ingérable en Europe et tout explosera.. Dommage pour les "marchés" mais il y a un moment où la partie de bras de fer devient incontrôlable.. Si le FN s'installe, tout explosera tout simplement parce que la côte d'alerte et l'acceptabilité sociale de l'exigence européenne seront over the line ! Le drame actuel des investisseurs, c'est qu'ils ne sont plus patients ! comme des enfants ils veulent tout, tout de suite, à court terme..C'est impossible..tout simplement.

Écrit par : hubert41 | 11/03/2015

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Par ailleurs la BCE injecte mille milliards dans le circuit bancaire en rachetant de la dette, ces milliards sont placés dans la spéculation, d'où le CAC à 5000, sans aucun rapport avec l'état réel de l'économie. Si au moins la part de la dette détenue par la BCE était en partie détruite!

Écrit par : nolats | 18/03/2015

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Salut SK tout d'abord je n'ai pas l'intention de faire la révolution , ni le Front de gauche non plus à ma connaissance , pour mémoire une révolution ne passe pas par les urnes , ceci dit www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-pourquoi-alexis-tsipras-insiste-sur-la-questions-des-reparations-allemandes-460051.html et puis il y a la Russie qui se réveille aussi .. histoireetsociete.wordpress.com/2015/02/07/poutine-reclame-600-milliards-a-l-allemagne-en-dommage-de-guerre/

Écrit par : kulturam | 11/03/2015





À la modération [de l'Obs] : Trois commentaires signés nolats ont été rejetés pour "autre motif" après être restés en ligne plusieurs jours. Ce sont des réponses à kulturam que je vous soumets ici pour une nouvelle vérification car il s'agit manifestement d'une erreur de logiciel ou d'appréciation chez vous : 1. Je suis d'accord que c'est l'alternative: soit rester avec les contraintes, soit se mettre en congé de l'eurozone. Mais il reste que l'UE reprète à la Grèce à taux très bas, alors que sur le marché les taux seraient rédhibitoires. (10/3 - 12h45) 2. - Intéressant, en effet, notamment le fait que la BCE détient une grande part de la dette grecque et pourrait en effacer une partie (mais il y a crainte d'une effet d'exemple notamment ...pour la France). (10/3 - 12h50) 3. - L'Allemagne n'avait versé que 17% des réparations prévues par le traité de Versailles, et les réparations suite à la seconde guerre ont également été suspendues. Alors on ne va pas envoyer d'huissier, mais il faudrait avoir la même souplesse s'agissant de dette sociale et d'équipements publics. L'argent des bons rachetés aux banques privées a été créé par la BCE, une partie de la dette peut donc être remise, mais pas seulement pour un seul pays. (12/3 - 10h35) Comme vous le constaterez avec moi, il n'y a rien dans ces interventions qui justifierait leur suppression. Merci de bien vouloir faire les vérifications qui, je crois, s'imposent. Cordialement, SK

Écrit par : sk | 13/03/2015

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Merci, sk, mais cette disparition simultanée de tous mes messages publiés entre le 10 et le 13 au matin sur les différents blogs relève probablement soit de la malveillance, soit d'un virus. Le mois dernier lorsque le même problème s'était produit, la médiatrice avait rapidement réactivé les commentaires, malheureusement elle doit être absente en ce moment car je n'ai reçu aucune réponse à mes demandes réitérées.

Écrit par : nolats | 18/03/2015 |



1 commentaire:

  1. Bonjour SK, lorsque j'avais évoqué les racines "heleno-chrétiennes" de l'Europe, c'est justement en écho avec votre remarque sur l'héritage antique. Certes, il n'y a pas eu de transmission directe et continue à travers les âges, mais d'une certaine manière le christianisme est une forme hellénisée du judaïsme, car le "monde romain" de l'époque dans cette région était plus grec que latin, les premiers écrits du christianisme étaient en grec, et certains "pères" de l'église ont été influencés par Aristote, bien avant le retour néo-classique. A part l'aspect artistique, je ne pense pas que le Panthéon grec ait eu une forte influence sur l'héritage laissé à notre temps par cette civilisation -et chez les Romains, le culte de l'empereur semblait primer celui des divinités élyséennes (désormais notre monarque siège à l’Élysée, ce qui simplifie la donne :-). L'héritage grec est surtout philosophique, culturel, et politique. Ceci étant, le caractère "symbolique" de la Grèce pour l'Europe est l'une des raisons qui a fait "fermer les yeux" des instances de l'UE pendant des années sur les subterfuges financiers des dirigeants pour masquer l'état réel de l'économie. Je me souviens avoir entendu Rafarin dire qu'il s'était étonné à l'époque que la Grèce ait eu les "moyens" d'organiser des JO que la France n'aurait pas pu assumer.

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